Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
La patte de Marcel

La patte de Marcel

Sujets relatifs à l'actualité footballistique

Yaya Touré, il voit rien !

L'Afrique du football célébrait, il y a quelques jours de cela, les meilleurs joueurs de l'année 2015, à l'occasion de la cérémonie des Glo-CAF Awards. Et l'international gabonais Pierre-Emerick Aubameyang a reçu, pour la première fois de sa carrière, le titre de meilleur joueur africain, récompensant une saison pleine sur le plan individuel avec son club du Borussia Dortmund où il n'a cessé d'être décisif. Ses statistiques sont impressionnantes : lors de la saison 2014-2015, l'ancien joueur du Milan AC a marqué 30 buts et délivré 11 passes décisives en 56 rencontres toutes compétitions confondues. Pour cette saison en cours, l'attaquant de 26 ans poursuit son ascension : sur 31 matches joués toutes compétitions confondues, il a déjà inscrit 29 buts pour 5 passes décisives, faisant de lui l'un des joueurs les plus prolifiques en Europe (ce qui n'est pas rien).

Sur le plan collectif, la panthère aura connu une saison blanche. Aucun titre remporté, ni avec sa sélection nationale, ni avec le Borussia Dortmund. Un bilan mitigé puisqu'avec le Gabon, tout portait à croire que les jaunes et bleus allaient aisément se qualifier dans une poule piège composée du pays organisateur, la Guinée Equatoriale, du Burkina Faso et du Congo. Que nenni ! Malgré un premier match étincelant remporté 2 buts à 0 face aux Étalons (but d'Aubameyang), la suite sera un vrai calvaire : défaite, tour à tour face au Congo et à la Guinée Equatoriale, aucun but marqué et 3 encaissés.

Avec le Borussia Dortmund, dans un championnat allemand semblable à celui français, où l'ogre bavarois dévore tout sur son passage, les hommes d'alors de Jurgen Klopp, après avoir joué le maintien, sauront redresser la tête, terminant 7e de Bundesliga. En ligue des champions, ils seront premiers d'une poule composée d'Arsenal, d'Anderlecht et de Galatasaray, mais seront stoppés par la Juve, finaliste quelques mois plus tard face au Barça (on connaît la suite). Dernière étape, la coupe d'Allemagne. A Berlin, Wolfsbourg mettra fin au rêve d'Aubameyang de remporter un deuxième trophée avec Dortmund (après la supercoupe d'Allemagne) suite à sa victoire 3 buts à 1.

Vu sous cet angle, et si des critères d'élection pour le titre de meilleur joueur africain venaient à confirmer que la condition sine qua non pour détenir le trophée le plus convoité du continent africain est de remporter ne serait-ce qu'une coupe collective sur une saison, eh bien Yaya Touré et consorts ont parfaitement raison. Mais comment rester insensible aux performances individuelles de l'ancien stéphanois ? Le natif de Mayenne se permet même de titiller les plus grands joueurs de football avec des chiffres qui ne s'arrêteront surement pas là.

Mais que dire de la saison de Yaya Touré ? Champion d'Afrique avec les Éléphants de Côte d'Ivoire, et puis c'est tout (là aussi, certes, ce n'est pas rien !). Je me rappelle d'ailleurs d'un meneur de jeu (et d'hommes) assez brouillon dans la distribution des ballons et parfois même dans la récupération, avec des fautes en veux-tu en voilà. Je me rappelle d'une sélection dirigée par Hervé Renard, qui a eu du mal à passer le premier tour, la qualification ayant été acquise lors du dernier match face aux Lions indomptables du Cameroun (1ère de la poule D, 5 points, 3 buts marqués, 2 encaissés). Le réveil survint lors des quarts de finale avec la victoire face à l'Algérie, favorite de l'épreuve (3-1), puis face à la RDC où le capitaine ivoirien inscrira l'un des buts de son équipe (3-1). En finale, face au Ghana, je me rappelle d'un match soporifique où les deux protagonistes avaient affiché un désir certain d'aller aux tirs aux buts, comme en 1992 à Dakar. Ce sera chose faite, et le seul éclair de génie ce soir-là, provenait, ni de Yaya Touré, ni d'André Ayew (s'étant surtout fait distinguer par ses larmes), mais de Copa Barry, prématurément enterré au pays et qui a fait taire toutes les critiques.

A Manchester City, le championnat fut perdu aux dépens de Chelsea, la FA Cup (pour Arsenal) et la Carling Cup (pour Chelsea encore) également. Mais alors là, en Ligue des champions, il ne fallait de toute façon pas s'attendre à grand chose des hommes de Manuel Pellegrini. Éliminés en 8e de finales par le Barça, les Citizens ont d'ailleurs fait leur meilleur parcours dans la plus prestigieuse des compétitions européennes depuis belles lurettes.

De l'humilité (je le disais tantôt), voilà ce qui fait la marque des grands hommes. Et pendant longtemps, j'ai cru que le N°42 de Manchester City en détenait, lui qui n'est pas avide de sorties médiatiques à couper le souffle (enfin, avant celle-ci). Pourtant au pays, cela ne fait pas de doute : Didier Drogba est le meilleur footballeur ivoirien de tous les temps. Pourtant avec Drogba (meilleur joueur de tous les temps de Chelsea, là c'est grandissime !), Kanouté lui a damé le pion en 2007. Pourtant avec Drogba, aucune contestation n'a été émise de sa part. Pourtant, Yaya Touré détient déjà 4 titres de meilleur joueur africain. Avec Samuel Eto'o, ils sont les seuls, dans un contient où il n'a pas manqué de talents (c'est bon de le rappeler) à en détenir autant.

L'ancien barcelonais devrait donc davantage s'inspirer des grands noms du football africain d'abord, pour aspirer aux records, ensuite. Et le coup de...trompe poussé juste après la cérémonie le fera certainement baisser dans l'estime de bon nombre d'amateurs, à commencer par moi.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article