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La patte de Marcel

La patte de Marcel

Sujets relatifs à l'actualité footballistique

La Premier League, ce championnat tellement "fouTE" !

Nul n'est prophète chez soi, excepté le football ! En Angleterre, cela est un fait, les stades sont semblables à des lieux de culte : des chansons à vous déchirer la peau par excès de chair de poule sont reprises en chœur, l'instant qui précède l'entrée des joueurs est digne des moments les plus solennels, spectateurs et joueurs communient via le ballon rond de la plus profonde des manières, les lendemains de Noël, pendant que la gueule de bois est au rendez-vous, des centaines de milliers d'anglais se retrouvent au stade pour "célébrer" le fameux Boxing Day (devant un bon match de foot, bien sûr)... Bref, le football est une religion au pays de la Reine Elisabeth 2.

Somme toute logique (même si le foot n'est pas une science exacte), ne nous étonnons pas que le championnat d'Angleterre de première division, la Barclays Premier League, batte tous les records d'affluence. Car on a beau en débattre, beau s'en tirer les maillots, beau s'en mettre des tacles pied en avant, à côté du talent et de la passion (certes) qui existent dans les pays sud-américains (le Brésil et l'Argentine notamment), africains même parfois (au Maghreb, en RDC et en Afrique du Sud), des fumigènes, tifos et jeu hautement tactique italiens, de la technique en Espagne (et des jets de peau de banane ou imitations de cris de singe, allez savoir pourquoi), de la bonne bière et des saucisses pendant la mi-temps en Allemagne (c'est vrai j'exagère, le football allemand c'est plus que ça), rien n'égal le Kick and rush anglais.

Ce fameux Kick and rush, revenons-en. Leçon des plus élémentaires : traduit mot à mot en anglais, (to) kick voulant dire tirer et (to) rush, se précipiter. Se précipiter pour tirer. Cette expression, attribuée (un peu à tort) au jeu anglais et qui a tendance à davantage balancer le ballon vers le secteur offensif afin de le mettre au fond (en même temps, c'est ça la règle) plutôt qu'à construire un jeu axé sur la possession du ballon (aah le Barça, tout ça à cause de lui). Mais vraiment, le football anglais ne se résume-t-il qu'à ça ? Dans les années de gloire de Manchester United (l'ère Sir Alex Ferguson), les Red Devils proposaient un jeu plus que plaisant et qui ne se limitait pas qu'à des transversales. Un Roy Keane jouait parfaitement le rôle de sentinelle, un Paul Scholes était doté d'une aisance technique remarquable et balayait proprement le milieu de terrain, un David Beckham effectuait des centres qu'il déposait littéralement sur la tête (ou les pieds) des attaquants, un Ryan Giggs faisait un peu du Lionel Messi, un Andie Cole ou un Dwight Yorke concrétisaient pas mal d'occasions, pour ne citer que ceux-là. Avec Arsenal, sous l'ère Arsène Wenger (et donc jusqu'à nos jours), on assiste chaque weekend à de véritables leçons de football...

Toutefois, ce qui fait la particularité du championnat anglais c'est le sentiment des 22 acteurs sur le terrain. Tous concernés par le jeu, tous conscients de l'importance, que dis-je, du caractère mythique du maillot enfilé, du stade dans lequel ils évoluent, tous sensibles aux chants des fans, tous prêts à en découdre, il est rare de revenir d'une rencontre de Premier League et de regretter après, la qualité du jeu est toujours au rendez-vous. Par exemple, hier à Anfield, le légendaire stade de Liverpool, où les Reds recevaient les Gunners d'Arsenal, le match commence à...5-10 minutes du coup d'envoi. Le Kop de Liverpool, dans son ensemble, doit d'abord sacrifier à la tradition : "you will never walk alone" (tu ne marcheras jamais seul) est entonné par près de 60 000 personnes. Du coup de sifflet de l'arbitre annonçant le début du match jusqu'à celui final, impossible d'arrêter ces apôtres du ballon rond, quoiqu'il arrive. Et lorsque le match en tant que tel propose de l'intensité, du suspense, des occasions et des buts (3-3, score final), que demande le peuple ? La veille, on assistait, à Saint James' Park, à un match similaire entre Newcastle et Manchester United conclu sur le même score de parité, le tout, toujours, sous une très chaude ambiance.

Remarquez, même dans le classement le suspense est unique : 14 points séparent le leader, Arsenal du 10e, Watford. Et en parlant de Watford, cela fait penser que même si, naturellement, il y a des équipes plus fortes que d'autres, les outsiders n'ont pas trop l'air d'en être. La preuve avec Leicester (vainqueur 1-0 à White Hart Lane contre Tottenham) qui continue d'embêter les grands. Lesquels ? Chelsea (14e), Liverpool (9e) ou encore Manchester United (6e). Cela fait penser qu'à chaque weekend de Premier League, pendant que l'on connaît, par exemple, l'issue d'un Getafe-Barcelone, Sporting Gijon-Real Madrid en Espagne, d'un Bayern de Munich-Mayence en Allemagne, d'un PSG-Toulouse en France, en parallèle, il est difficile de déterminer le vainqueur d'un Manchester City-West Ham, d'un Everton-Manchester United ou d'un Watford-Chelsea (demandez aux bookmakers). Cela fait penser que chaque weekend, lorsqu'on est déçu de ne pas avoir un derby madrilène en Espagne ou un clasico, lorsqu'on n'a pas un Juve-Inter en Italie, un PSG-OM en France, un Bayern-Dortmund en Allemagne, l'Angleterre est là pour nous faire vivre des moments foot fous ! God save the...football !

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Jérôme Vigneron 09/09/2016 15:22

Elo,
Je partage votre opinion. Le football en Angleterre est juste phénoménal. La Premier League n’a rien à voir avec les autres championnats.